Botanique et Systématique partie 1

Le caféier appartient à la famille des Rubiacées et au genre Coffea qui regroupe environ 60 espèces. Les deux grandes espèces cultivées dans le monde sont :

 

  • Coffea arabica L. originaire des montagnes d'Abyssinie,
  • Coffea canephora Pierre de “basse altitude" qui dérive de populations spontanées.


D'autres espèces sont également exploitées mais à un niveau très modeste :

  • C. liberica
  • C. eugenioïdes
  • C. stenophylla
  • C. congensis
  • C. excelsa


Le genre Coffea est donc trés largement représenté dans des écosystèmes variés et les espèces sont regroupées en trois grands ensembles selon CHARRIER (1) :

  • Mascarocoffea : caféiers diploïdes malgaches
  • Eucoffea : caféiers diploïdes africains
  • C. arabica : seul caféler tetraploïde connu.


A. CHEVALIER cité par COSTE (2) avait regroupé les caféiers en quatre sections.


* Paracoffea

Arbres à feuilles caduques.


* Argocoffea

Arbustes ou lianes à feuilles caduques ou persistantes, fruits globuleux à
exocarpe mince, mésocarpe, peu charnu, endocarpe membraneux sans
fente.
Ex. C. rupestris, C, nigerina.


* Mascarocoffea

Arbres ou arbustes à feuilles persistantes ou caduques, à fruits ovoïdes ou
pyriformes. exocarpe coriace. endosperme dépourvu de caféine.
Ex. C. humblotiana ; C. dubardïï


* Eucoffea


Groupe les caféiers dont l'endosperme contient de la caféine.

 

- Erythrocoffea
Arbustes de taille moyenne, fruits moyens, mésocarpe peu épais.
. Coffea arabica
. Coffea canephora
. Coffea congensis

 

- Nanocoffea
Arbustes nains, fruits moyens, peu nombreux.
. Coffea humilis
. Coffea brevipes
. Coffea montana
. Coffea mayombensis
. Coffea tagœnsis

 

- Pachycoffea
Arbres de 4 à 20 mètres de haut, fruits moyens ou gros, exocarpe épais.
. Coffea libenta
. Coffea kalinü
. Coffea abeokutae
. Coffea dewevrei race Coffea excelsa Chev.

 

- Melanocoffea
Arbustes moyens (3 â 5 m de haut), fruits noirs à maturité, graines petites.

 

- Mozambicoffea
Arbustes souvent petits, feuilles caduques. fruits très petits, ovoïdes, graines petites.
. Coffea zanguebanae
. Coffea racemosa
. Coffea salvatrix
. Coffea eugenioïdes

Cette classification, datant de 1947, est basée sur des concepts morphologiques et géographiques. De nouvelles acquisitions scientifiques remettent en cause cette taxonomie et Leroy (3) a restreint la distribution du genre Coffea et a regroupé d'autres espèces dans le nouveau genre Paracoffea.

Selon Demarly (4), différents sous-ensembles auraient progressé à partir d'un ensemble de Paracoffea :


a) Le premier sous-ensemble aurait progressé de la zone des Lacs Victoria et Rodolphe et du Nord Kenya vers l'Ouest: Liberica, Excelsa, Liberio excelsoïdes, Canephora, Robusta avec une seule unité nette : les Congusta


b) Le deuxième sous-ensemble aurait progressé vers le Sud : Eugenioïdes, Racemosa ainsi que Mascarocoffea.


c) Le troisième sous-ensemble se serait développé vers le Nord : le groupe Arabica très caractérisé par des mécanismes originaux :
- autogamie
- allopolyploïdie
- adaptation à l'altitude


Selon KAMMACHER [5), les nombreuses prospections botaniques obligent à admettre actuellement que C. arabica est originaire des hautes vallées du Sud-Ouest de l'Ethiopie mais que le véritable foyer de dissémination a été le Yemen (Arabica felix). L'introduction de C. arabiba au Yémen est toutefois mal connue ; il s'agit vraisemblablement de transferts commerciaux existant depuis la plus haute antiquité.

 

Le café ne fut connu en Europe qu'au XVIlè siécle et ce n'est qu'en 1699 que les Hollandais cultivérent C. arabica à Java. Le premier plant de caféier fut introduit à Amsterdam en 1706 par le Gouverneur Van Hoorn (la descendance fut offerte à Louis XIV en 1712). De ce seul pied de caféier devait découler la culture du café sur le continent américain aprés l'importation aux Antilles par le Chevalier de Clieu en 1727. Le café a trouvé là une aire propice pour son développement d'autant plus que ce continent a été à l'abrl de Hemileia vastatrlx (rouille).

 

Par contre, les cultures de C. arabica développées en Asie à Java, Sumatra et Ceylan furent frappées par des attaques de rouille qui contraignirent les planteurs à en abandonner la culture. L’Indonésie se tourna alors vers le C. canephora découvert au Congo et dont l'espèce connue sous le nom de C. canephora var. robusta existait chez un horticulteur bruxellois. En 1900, quelques dizaines de plants furent expédiés à Java où ils se montrérent résistants à la rouille et se révélèrent vigoureux dans les zones de basse altitude.